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Congrès à Versailles suite aux attentats du 13 novembre 2015 : intervention de R.G. Schwartzenberg

16 novembre 2015 – Suite aux attentats du 13 novembre, Roger-Gérard Schwartzenberg est intervenu à la tribune du Congrès de Versailles.

 

 

DÉBAT SUR LES ATTENTATS TERRORISTES
INTERVENTION DE ROGER-GÉRARD SCHWARTZENBERG,
PRÉSIDENT DU GROUPE RADICAL RRDP
CONGRÈS DE VERSAILLES, 16 NOVEMBRE 2015

 

16112015-Congres-Versailles-620x350Au nom du groupe radical de l’Assemblée nationale, je m’incline avec émotion devant la mémoire des victimes de la tuerie de masse commise vendredi soir par des terroristes fanatisés.

Mes pensées vont aussi vers leurs familles, vers leurs proches, meurtris par cette épreuve tragique. Leur deuil est aussi le nôtre.

Je tiens à saluer l’action des forces de sécurité et des services hospitaliers qui ont tout mis en œuvre pour secourir les très nombreux blessés.

 

Qu’est-ce qui fait une civilisation ?

Finalement, qu’est-ce qui fait une civilisation ? Et en particulier la nôtre ?

Le respect de la vie, l’attention à autrui, le dialogue, la tolérance. Et, bien sûr, la fraternité.

C’est cela que les tueurs de Daech ont voulu détruire, avec leurs rafales de Kalachnikov.

Voici donc, en ce nouveau siècle, le retour de la barbarie, la résurgence de la violence et de la haine. Avec ces adeptes de l’obscurantisme, qui veulent imposer de force leur croyance à autrui. Comme au temps lointain des guerres de religion.

 

Unité nationale

Le terrorisme vise à inspirer la frayeur, la sidération. Ce résultat ne sera pas atteint dans notre pays. On ne cède pas au terrorisme. On le combat pour défendre la liberté. Et pour la défendre ensemble. Sans distinction entre nos différents partis.

Nos partis sont divers. Mais nous devons faire bloc et faire front. Nous devons réagir avec unité et nous rassembler face au terrorisme, qui cherche précisément à nous diviser.

La volonté de s’unir doit l’emporter quand l’essentiel est en jeu.

Dans les circonstances exceptionnelles d’aujourd’hui, l’heure n’est pas à la polémique. Il est au rassemblement autour de la République et de ses valeurs.

Nous soutenons l’action de l’Exécutif, les mesures prises dès la nuit de vendredi et les mesures qui viennent d’être annoncées tout à l’heure. En tout cas la plupart d’entre elles.

Mais un travail réel a déjà été fait depuis un an, à l’initiative du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur.

 

Les armes législatives

Pour combattre Daech, il faut utiliser pleinement les armes législatives dont nous disposons. Et en particulier la loi sur la lutte contre le terrorisme du 13 novembre 2014.

Trois dispositions peuvent être très utiles.

–         D’une part, « tout ressortissant étranger peut, dès lors qu’il ne se trouve pas sur le territoire national, faire l’objet d’une interdiction administrative du territoire lorsque sa présence en France constituerait une menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure ».

–         D’autre part, ce texte de 2014 transfère de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse à un nouvel article du Code pénal (article 421‑2-5) les délits de provocation au terrorisme et d’apologie du terrorisme.

L’objectif : des délais de prescription moins brefs et des procédures mieux adaptées.

Auparavant, en revanche, de 2001 à 2014, le délit d’apologie du terrorisme n’avait donné lieu à condamnation qu’à cinq reprises. Donc, 5 fois seulement en près de 15 ans.

–         Enfin, la loi de 2014 entend combattre le cyberdjhadisme. Car Internet est devenu le vecteur principal de la propagande, du recrutement et de l’incitation au terrorisme.

Désormais, « l’arrêt d’un service de communication au public en ligne peut être prononcé par le juge des référés » pour provocation à des actes de terrorisme ou apologie de ces actes « lorsqu’ils, constituent un trouble manifestement illicite, à la demande du ministère public ou de toute personne physique ou morale ayant intérêt à agir ».

Il importe que le Parquet utilise pleinement cette disposition  et saisisse davantage le juge des référés, en faisant preuve de réactivité et de vigilance.

 

La loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence

Enfin, conformément à la loi du 3 avril 1955, l’état d’urgence, décrété en Conseil des ministres, ne peut être prorogé au-delà de 12 jours que par une loi qui en fixe la durée.

La durée de trois mois, qui est prévue, est brève. Peut-être trop brève. En tout cas, elle diffère d’autres précédents. Ainsi, après le putsch des généraux d’Alger, l’état d’urgence avait été appliqué pendant 2 ans, du 23 avril 1961 au 31 mai 1963. Ce qui était excessif.

 

Daech : un quasi-État

En fait, Daech est devenu un proto-État, un quasi-État.

Avec un large territoire en Syrie et en Irak. Avec un appareil public et une armée. Avec surtout un budget considérable.

Selon les services américains, Daech engrangerait 3 millions de dollars par jour. Avec le système d’impôts instauré dans les territoires contrôlés. Avec le pillage des banques de ces territoires. Avec l’exportation du pétrole extrait des parties occupées de Syrie et d’Irak, souvent vendu au marché noir en Turquie : ce qui rapporterait 1,2 million de dollars par jour.

Enfin, selon certains observateurs, au moins initialement, certains États de la région, au sens large du terme, auraient apporté leur soutien financier à Daech, par l’intermédiaire de donateurs fortunés.

Il serait très souhaitable que ces pays, qui se disent les amis de la France, ne financent pas ses agresseurs. Et il serait opportun que notre diplomatie les invite à sortir de cette ambigüité, si elle existe encore.

Pour combattre efficacement Daech, il faut, en effet, tarir son financement. L’argent est le nerf de la guerre, mais aussi du terrorisme.

Par ses attentats sanglants, Daech nous a déclaré la guerre. Face à cela, il faut redire ce que disait Churchill dans d’autres circonstances, il y a 75 ans : « On ne nous verra ni faiblir ni faillir. »

 

Laïcité

La Constitution le rappelle dès son article Ier : « La France est une République laïque. »

Elle respecte toutes les croyances, mais sépare celles-ci de l’État.

Dans les circonstances présentes, la laïcité est plus que jamais nécessaire. À un double titre.

D’abord, elle est un principe de liberté. Liberté de penser, liberté de conscience, face à tout prosélytisme.

Ensuite, la laïcité est aussi un principe de fraternité. Elle permet à tous de vivre ensemble, par-delà les différentes appartenances confessionnelles.

La laïcité réunit et rassemble. Elle fédère. Elle renforce l’unité de la République.

Il importe donc de revitaliser la laïcité dans notre société, qui tend parfois à l’oublier.

 

Tolérance

Les terroristes de Daech veulent imposer leurs croyances par la force, par la contrainte. Ils refusent la liberté de conscience et veulent dicter leur loi.

Dans son « Traité sur la tolérance », Voltaire écrivait, il y a deux siècles et demi : « Puissent tous les hommes se rappeler qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes ! »

Il faut bien se rendre à l’évidence : le genre humain n’est pas divisible, même sous l’effet des théologies rivales.

L’humanité est une.

De partout, du monde entier, viennent des messages de soutien à la France meurtrie. Des messages de solidarité, de compassion et de concorde.

Cela s’appelle l’humanisme. Et le terrorisme n’y peut rien.

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