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Arrêtez le jeu de cons !

SAUVONS L’EUROPE. Toutes les maladies d’une Europe en construction se sont conjuguées pour parvenir à la situation grecque actuelle. Ce pays qui pèse moins de 3% du PIB de l’Union semble un problème insurmontable pour une assemblée de nains.
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Pendant 20 ans, la Grèce a eu des dépenses publiques dans la moyenne européenne, mais des prélèvements obligatoires parmi les plus faibles. Un part de la différence provenait des fonds européens, le reste d’emprunt plus ou moins officiels. En 2010, quand les marchés financiers ont cessé de financer ces dépenses, les autres pays européens sont intervenus pour lui éviter une crise budgétaire majeure. Joints par le FMI, ils ont assumé une part des dettes en octroyant des prêts à la place des marchés. Naturellement, cette aide était intéressée, les Etats aidant largement leurs propres banques. Mais ils ont permis à la Grèce de réduire son déficit sur plusieurs années au lieu de devoir faire coïncider ses dépenses et ses ressources sur le champ
La classe politique grecque, à l’origine de cette dette, a joué un jeu délicat. Les accords signés le soir à Bruxelles n’avaient au matin pas de valeur , et les promesses finalement actées n’entraient pas toutes en vigueur. Aux socialistes ont succédé les conservateurs, sans en particulier que la capacité de l’Etat à percevoir l’impôt ne s’améliore, dans un climat de corruption généralisé. L’événement qui conduisit à lâchage des conservateurs par l’Allemagne fut, rappelons-le, la démission du responsable indépendant du service des enquêtes fiscales.
Syriza au pouvoir a poursuivi dans cette ligne, tout en y ajoutant une rhétorique antieuropéenne et antigermanique  peu propice à la facilitation de ses revendications. Au-delà des références permanentes à la période nazie, le rapport sur l’origine de la dette grecque niant son origine publique et la  déclarant odieuse et illégale selon le droit international n’est pas autre chose qu’un tissu d’insultes à l’égard des pays européens ayant contribué, dont certains sont plus pauvres que la Grèce! D’autres pays, dont le caractère odieux de la dette est plus clair car issu réellement de l’éclatement d’une bulle financière ou immobilière (Espagne, Portugal, Irlande…) ont joué le jeu de remettre leurs finances publiques en place, fut-ce de manière inutilement brutale, et ne supportent plus le traitement de faveur accordé à la Grèce. Le gouvernement espagnol en particulier, contemple avec terreur son avenir électoral devant Podemos si la Grèce était financée au long cours par les gouvernements européens au lieu de faire ce qu’il a imposé à ses citoyens.
Inversement, les autres Etats européens se sont mis dans un cas impossible en refusant de reconnaître qu’ils apportaient une aide à un pays failli, ce qui est normal au sein d’une zone monétaire. Pour camoufler cet état de fait à leurs populations, ils ont prétendu qu’il s’agissait de prêts à taux très faibles, dont le remboursement débuterait dans quelques dizaines d’années. Il est possible qu’il en soit ainsi pour une part de l’aide, mais chacun sait que via l’ingénierie financière, la majeure partie ne sera jamais remboursée. En fixant officiellement un objectif de remboursement impossible à atteindre à la Grèce, les membres de la Troika ont imposé des mesures qui ont détruit l’économie du pays. Elles sont certes moins violentes que ce qui aurait résulté de laisser la Grèce à elle-même, mais elles ont été clairement contre-productives et relèvent d’une erreur de politique économique majeure de la part de la Troïka qui doit en tirer les conséquences.
Et au dernier moment, coup de théâtre! Alors qu’un accord était presque trouvé dans les termes souhaités par les créanciers, et que ces derniers ouvraient la porte à une discussion sur l’allongement du délai de remboursement de la dette et sur un programme d’investissement européen en Grèce pour compenser l’austérité via le plan Juncker, le gouvernement grec a quitté la table de négociation et annoncé un référendum sur la proposition d’accord de jeudi, en appelant à voter non pour lui conférer une plus grande force dans les négociations. On est pantois. D’une part le texte soumis à référendum n’était déjà plus la dernière version du texte négocié, plus favorable aux grecs sur la TVA, d’autre part il ne comprend pas les ouvertures faites par la suite sur la dette et l’investissement, enfin et surtout le référendum est prévu pour le 5 juillet, alors que le plan dont la prolongation est négociée prend fin le 30 juin et seule la France à appelé à repousser cette échéance. Closes les négociations, de quel mandat le gouvernement grec pourrait-il se targuer?
Dominique Strauss-Kahn a repris la parole publique à cette occasion, publiant sur Twitter une analyse intitulée « apprendre de ses erreurs ». Lu plus de deux millions de fois, il reconnaît des erreurs de la part du FMI, en ce qu’il ne s’est pas suffisamment opposé à la politique austéritaire des gouvernements européens et à la timidité de la BCE, et à imposé à la Grèce des réformes qui ne correspondaient pas à l’état de délabrement de ses institutions. Il propose aujourd’hui de profiter de ce que le budget grec est presque à l’équilibre pour se retirer de la gestion de l’économie grecque, et en laisser la responsabilité à son gouvernement démocratiquement élu. Ceci impose naturellement un rééchelonnement majeur des dettes envers les acteurs publics (FMI et UE) mais « fournir plus d’aide pour seulement rembourser les créanciers publics existant est tout simplement inepte. »
Nous ne pouvons que soutenir une telle vision, et même proposer si le FMI refuse de restructurer sa créance, qu’elle soit transférée vers l’UE. Après tout, c’est la première chose qu’a fait l’Espagne dès qu’elle a a nouveau eu accès aux marchés, remboursant par anticipation le FMI en levant des obligations rachetées sur le marché secondaire par la BCE. A partir de là, c’est au peuple grec de déterminer souverainement les dépenses de son gouvernement et leur financement, sans transfert de l’UE (hors fonds structurels) ni capacité d’emprunter.
Mais il faut également en tirer les leçons en termes de démocratie. Il n’est pas possible d’en arriver à ce point d’antagonisme en discutant du montant de la TVA des restaurateurs. C’est tout le système de pouvoir de l’Union qui est parti en vrille, et nous payons chèrement l’absence d’un pouvoir européen fort, démocratique et légitime. Nous le payons en Grèce, mais nous le payons surtout par la cure d’austérité que nous nous sommes infligée, seule compatible avec nos institutions débiles. Si l’Union européenne est aujourd’hui l’homme malade de l’économie mondiale, elle le doit à ce tournant de 2010-2011 que nous imposait de fait l’impossibilité de coordonner nos politiques économiques.
La Commission, seule autorité démocratique de l’Union à l’heure actuelle, car seule issue des urnes à l’échelle d’un continent, n’a pas d’argent, pas d’autorité pour venir en aide à un territoire qui en a besoin. La BCE qui a sans cesse innové pour compenser cette absence, n’a aucune légitimé et contrairement au programme OMT, et sa présence au sein de la Troïka l’éloigne dangereusement de la politique monétaire. Le Parlement européen n’a d’autre pouvoir que les discours à la tribune. Le FMI n’est pas un acteur européen et a d’autres préoccupations, comme l’a bien montré la soudaine rigueur de Christine Lagarde en fin de parcours et pendant sa campagne de réélection auprès des pays en développement. Les gouvernements négociant entre eux ne font pas une légitimité commune. Quelle est la légitimité démocratique du gouvernement grec pour décider du montant d’aide que doivent lui accorder les autres gouvernements? Quelle est la légitimité démocratique du gouvernement allemand pour demander une réforme des retraites en Grèce? Et que faire quand les règles créer pour régir les rapports entre Etats par l’absence d’aide, à l’évidence ne fonctionnement pas? La conférence des Présidents propose un Trésor européen reposant sur une autorité démocratique. Il est bien temps, après la bataille !
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